Brittany tripL'été en montagne, l'hiver à la mer. J'aime éviter la foule, être tranquille en pleine nature. L'hiver dernier m'avait mené en Ecosse. Cette année, mon petit trip photo hivernal me conduira en Bretagne, au Nord, à l'Ouest et au Sud de celle ci. Voici l'histoire de mon petit voyage de 5 jours, façon journal de bord. Jour 1 - Lundi 25 février 2013 La journée est déjà bien avancée lorsque j'arrive sur la côte de Granite Rose et sur les plages de Plougescrant. La lumière décline déjà fortement et le gris m'accompagne déjà. La marrée est haute et il m'est difficile de m'éparpiller sous peine de ne rien faire ce soir là. Je décide de rester sur cette plage. Le vent est fort et l'océan récite sa chorégraphie encore et encore. Ce soir là, je mets l'accent sur la forme des vagues, sur la vision qu'elle me donne, comme dessinées, comme une Aquarelle.
Aquarelle - Plougescrant Lire la suite... Ajouter un commentaire
ArmageddonCeux qui me connaissent le savent bien, je ne suis pas, contrairement aux autres horizoniens, ce que l'on pourrait appeler un "paysagiste". Mes sujets de prédilection en matière de photographie sont préférentiellement les animaux que j'aime passer du temps à observer, à contempler... où même les insectes et le monde tout aussi merveilleux à leur échelle. Cela dit, ces mêmes personnes qui me connaissent bien savent également que je suis assez obstiné. Et depuis quelques temps, j'avais envie de vraiment m'essayer à la pratique de ce que j'appelle le "paysagisme"... Après moultes lectures et conseils pris ça et là, je décide donc de me rendre tout près de chez moi, dans le var, dans un lieu que je connais bien. Si les outils modernes dont nous disposons tel que "The Photographer's Ephemeris", Alexis vous en parlait dans un précédent article (voir ici), disent vrai, le soleil devrait se lever pile dans l'axe qui m'intéressait. La photo, je l'avais plus ou moins en tête, le cadrage aussi d'ailleurs. Restait à savoir si le rendu serait à la hauteur de mes espérances. Me voilà donc plein d'espoir et de motivation (il en faut toujours) en bord de mer. Il fait encore noir, j'avance sur les rochers et, à la lumière de ma lampe torche, repère mon cadre. Là, je vais attendre plusieurs minutes, paisiblement sous les étoiles avec le bruit des vagues, que peu à peu le ciel s'éclaircisse. J'affine alors mon cadrage, et commence à travailler mes images. Différents formats, différents réglages, je compose avec la matière figée (rochers) et celle en mouvement (l'eau) qui selon les temps de pose dessine des formes tout aussi variées qu'imprévisibles, laissant apparaitre tel rocher ou recouvrant tel autre. De retour chez moi, j'attendrais jusqu'au soir avant de découvrir, à nouveau, ce lever de soleil sur la Mer Méditerranée, avec l'envie d'y retourner, pour le spectacle, la sérénité du moment, et continuer à améliorer la qualité de mes images !
Orque à l'horizonVoilà comment ça s'est passé, Quelle ne fût pas ma surprise lorsque j'ai aperçu les dorsales sortir de l'eau. Au bout de vingt minutes, les orques s'en sont allés...ils ne sont guère curieux et n'aiment pas trop être dérangés... J'espère pouvoir revenir, quelque chose dans mon coeur est resté là-haut, quelque chose à mi chemin entre le désir et la passion.
Show me your tongue!Une chose est sûre: un voyage, ça se prépare. Certains délèguent cette étape à des agences, d'autres choisissent de le faire eux-même. A l'aube de mes trente huit ans, et pour mon premier voyage photographique, j'ai choisi d'être le seul garant de la réussite de ce périple. Actuellement, avec les outils mis à notre disposition, il est très facile de se faire une idée, avant le départ, sur les sites à fort potentiel photographique. Un petit tour sur Google Earth et vous pouvez rapidement trouver les meilleurs spots. Et en plus, si vous combinez cet outil avec d'autres qui peuvent vous indiquer les heures de lever et de coucher du soleil ainsi que sa direction à toute heure de la journée, vous aurez là une bonne partie des cartes en main. Evidemment, une fois sur place, tout peut évoluer. C'est là toute la différence entre plannifier et réagir. Quand personne n'est là pour vous mener par la main, si le site que vous aviez repéré ou si les conditions ne s'y prêtent pas, en tant que seul maître à bord et quand bien même vous auriez planifié votre voyage aux petits oignons, vous avez tout le loisir de réagir en conséquence. C'est d'ailleurs en naviguant sur Google Earth et en voyant quelques images de la plage de Tungeneset, sur l'île de Senja, dans le nord de la Norvège, que j'ai décidé de ne pas partir sans crampons d'alpinisme. Cette plage, face au célèbre massif montagneux de Okshornan, plus connu sous le nom de "Devil's Jaw", est composée d'innombrables rochers plats tranformés en patinoire par la mer de Norvège qui les balaye de ses vagues puissantes. Le jour où je me suis rendu dans un magasin spécialisé pour demander des crampons pour mes Sorel Caribou, donc des chaussures qui ne sont pas adaptées à ça, les vendeurs m'ont un peu regardé de travers. Après moults essayages, ils m'ont finalement proposé la solution qui convenait le mieux à la forme particulière de ces chaussures et à ma grande pointure. Dès le premier jour, je me suis rendu compte que mon choix de partir avec des crampons était pleinement justifié après que j'eu aidé un de mes comparses à se relever après une glissade sur les rochers de Tungeneset. Mais Tungeneset n'a pas été la seule plage sur laquelle j'ai utilisé mes Petzl. En fait, toutes les plages du même type, entendez par là, les plages soumises au ressac franc de la mer de Norvège, pouvaient nécessiter leur utilisation. Comme sur la photo présentée ci-dessous, sur une plage le long du fjord de Mefjorden. Il est clair pour moi que jamais je ne me serais aventuré dans ce petit coin de la plage et que jamais je n'aurais pu produire cette image sans mes crampons. Plannifier, réagir. Préparation, adaptation. Voilà clairement les étapes essentielles, gages de succès, qui doivent être intégrées dans toute démarche photographique...
The eternal magic of winterDoucement mais très sûrement l'hiver tire sa révérence et la nature reprend vie de plus belle. Cet hiver aura été très mitigé pour moi. En effet, il a beaucoup neigé mais la majorité de la saison aura été empli de grisaille et les grands froids n'auront été que très peu présents. Au fil des années, j'ai toujours mon faible pour les cascades de ma région, si changeantes au fil des saisons. J'aime les photographier en automne et en hiver, mes moments favoris. Durant ces deux saisons, il y a une toujours une période très courte où la beauté de celles-ci est le mieux représentée. Cet hiver, la fenêtre a été très courte. La neige et le vrai froid n'auront été complices que très peu de temps. Pas assez pour transformer les cascades en cathédrale de glace mais juste ce qu'il faut pour les habiller de quelques beaux stalactites ou de quelques îlots de glace autour des rochers ou au milieu du lit de la rivière. A ce moment là, la pureté devient maîtresse des lieux, l'eau devient cristalline et prend des couleurs insoupçonnées à l'oeil nu lorsque la pose devient longue. Vert, bleu ou encore turquoise, ces couleurs tranchent avec le manteau blanc et épais environnant. Voici un voyage aux confins mon hiver...
The eternal magic of winter
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