Ballade en Haute-Maurienne

Située en Savoie, la vallée de la Haute-Maurienne représente beaucoup pour moi. D’abord parce que j’y ai passé de nombreux étés à y randonner avec mes parents pendant mon adolescence. Et ensuite parce que c’est là que j’ai réalisé probablement ma première photographie de paysage avec le Nikon FM de mon père. C’était à la fin des années 80.

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C’est donc presque tout naturellement que cette destination m’est venue à l’esprit quand, après 4 mois passés alité, j’ai enfin pu partir en solo, trépied sur le sac, boitier autour du cou.
J’avais planifié d’aller poser ma tente sous le refuge des Evettes, randonnée que j’avais bien sur faite avec mes parents. J’avais souvenir d’une superbe vue sur le cirque glaciaire du même nom. En partant du hameau de l’Ecot, il fallait 2h de marche, théoriquement, pour atteindre le refuge. Evidemment, après tant de temps passé à ne rien faire, il m’a fallu un peu plus pour gravir les 600m de dénivelé, avec mes 25kg sur le dos.
Mais j’ai été récompensé à la hauteur de l’effort que j’avais produit. Arrivé dans le début de l’après midi sous un soleil de plomb, le temps s’était vite chargé pendant que j’installais ma tente. Une fois mon installation terminée, le ciel était couvert et chargé comme tout photographe de paysage l’aime, ce qui m’avait permis d’obtenir de belles ambiances.

Mais avant toute chose, direction le refuge pour une bonne bière! C’est ainsi qu’avec ma bière, posé dans un transat face au glacier, à 2600m d’altitude, j’avais pleuré à chaudes larmes, heureux d’avoir réussi à atteindre mon objectif, repensant aux 6 derniers mois et à tout le chemin parcouru depuis l’autre transat, dans mon salon celui-là, qui m’avait servi de lit pendant 4 longs mois.

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Le soir arrivé, je n’avais pas fait long feu. Je m’étais couché de bonne heure. De toute façon, même au mois d’aout, à 2600m, une fois le soleil couché, il fait rapidement frais. Et puis, j’avais dans l’idée de faire quelques photos de nuit et donc de mettre mon réveil à 4h du matin. Encore que le ciel était bien sombre quand je me suis enfilé dans mon sac de couchage. J’allais bien voir, si jamais on ne voyait rien, je me recoucherais.

4h du mat. Le réveil ne fut même pas dur, tellement heureux que j’étais de pouvoir le faire! Et, oh surprise, le ciel était d’une limpidité totale! Génial! J’allais pouvoir me faire plaisir. Ce que je fis, bien évidemment, jusqu’à tard dans la matinée.

Vers 11h, alors que je me demandais si j’allais passer encore une nuit sous le refuge, j’avais senti quelques gouttes. Gouttes qui m’avaient décidé à finalement lever le camp et à redescendre à la voiture. Quelle bonne idée j’avais eu là. Tout le long de la descente, une pluie intense s’était abattue sur moi et je voyais un orage s’approcher dangereusement.

Arrivé à la voiture, j’étais évidemment trempé de la tête au pied. C’est là que je me suis souvenu que le mauvais temps dans cette vallée arrive très souvent par l’Italie et se déverse sur la Haute Maurienne par le col du Mont-Cenis.

Direction donc le lac du Mont Cenis sous une pluie diluvienne et sous un orage qui se déchainait sur la vallée. J’avais vu juste et plus je me dirigeais vers le Petit Mont-Cenis, moins j’avais de pluie. J’étais en train de contourner l’orage par le sud. J’avais réussi à me trouver un petit promontoire duquel j’avais une vue imprenable sur l’orage qui s’acharnait sur le lac. Les sommets environnants se prenaient de violents éclairs et je les voyais se teinter de blanc à mesure que la neige apportée par le refroidissement orageux s’y déposait (et comme on dit chez nous: neige en aout, pâté en croûte). J’étais au bon endroit et j’y étais bien!

Quelques images plus tard, je rejoignais le refuge du Petit Mont-Cenis où devaient me rejoindre le lendemain les loutrons du collectif pour fêter dignement mes 40 ans.

C’était une belle sortie, j’avais enfin refait des photos, je renaissais.

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Green spots - Haute-Maurienne | Alexis Dubois

Douceur matinale - Haute-Maurienne - France | Alexis Dubois

Jusqu'à ce que le ciel nous tombe sur la tête... - Haute-Maurienne - France | Alexis Dubois

Alexis Écrit par :

Alexis est né il y a 39 ans à Bussang, un village au coeur des Hautes-Vosges. Depuis toujours proche de la Nature, découverte au fil de nombreuses randonnées avec ses parents, il fait ses premiers pas en photographie avec le Nikon FM de son père, il y a aujourd’hui plus de 20 ans… C’est ainsi qu’il exerce peu à peu son oeil aux merveilleux paysages des Hautes Alpes, de Haute-Maurienne, du Queyras. Débutant dans la vie active après des études d’ingénieur, le manque de temps lui fait peu à peu cesser la photographie, et ce Vosgien de naissance et de coeur s’exile en Haute-Normandie en l’an 2000. Ce n’est qu’en 2005 que la passion pour l’image refait surface, elle qui n’a jamais totalement disparu. Equipé d’un Nikon D70, Alexis se cherche alors en tant que photographe. Ce n’est que lors de l’acquisition de sa maison, perdue au milieu de champs, comme il la décrit lui-même, que la proximité avec la Nature fait son oeuvre. L’envie de capter l’instant, l’ambiance, le comportement, tout particulièrement celui des chevreuils qu’il aperçoit de sa fenêtre au petit matin: c’est là que tout a réellement commencé. Depuis, Alexis a progressé, évolué, appris à mieux connaitre ses sujets qu’il aime tant, et c’est donc en véritable photographe naturaliste, soucieux de partager et de transmettre une émotion au travers de ses images, qu’il crée, avec ses amis Benjamin et Rémi, le collectif Horizons Naturels en 2010.

16 commentaires

  1. Sylviane Joly
    21 juin 2016
    Répondre

    Dialogue avec le ciel, superbes photos, merci de partager ces instants d’intenses communion avec la nature. Il y a 2 jours j’ai survolé les Alpes, à chaque fois c’est un plaisir renouvelé, le regard émerveillé ne se lasse pas de cette beauté.

  2. Pierre D
    24 mai 2016
    Répondre

    bonjour,
    Merci pour vos photographies, bon courage pour la suite.
    cordialement
    pierre

  3. Pierre D
    24 mai 2016
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour vos photographies, un moment de bonheur visuel .
    Pierre

  4. Claire Brenu
    26 avril 2016
    Répondre

    C’est trop beau !
    Fabuleux !
    Des photos qui donnent une émotion aussi forte que l’immensité de ces paysages !
    Je suis allée en Haute Maurienne il y a 2 ans, les Evettes m’ont moi aussi laissé un souvenir impérissable…
    Merci pour ce moment de bonheur !
    Claire

  5. Jean
    22 avril 2016
    Répondre

    De magnifiques photos dont je peux être jaloux car je passe de longs momemts en Haute Maurienne sans parvenir à faire d’aussi belles images !
    Bravo pour ces instants très bien saisis.
    Jean

      • Claire Brenu
        26 avril 2016
        Répondre

        Bonjour,
        Sans me dévoiler tout, pourriez-vous me dire si vous employez des filtres pour réaliser de telles merveilles ?
        Si oui, quel genre ? Dégradé, polarisant…?
        J’aimerais tant réaliser des photos de paysages d’une telle force !

        • Alexis
          18 mai 2016
          Répondre

          Bonjour Claire,
          Il n’y a aucun secret derrière ces images 😉
          Oui, en paysage, nous utilisons systématiquement des filtres dégradés gris et parfois un polarisant.
          Faire du paysage n’est pas aussi facile qu’il y parait, principalement parce que le grand angle peut être déconcertant et cela peut être compliqué de trouver la bonne composition.
          Toutefois, c’est comme tout, il faut pratiquer pour progresser. Et ne pas hésiter à y mettre de son coeur et son âme.

          • Claire Brenu
            19 mai 2016
            Répondre

            Merci alexis !
            Je viens de m’offrir un filtre dégradé Soft 0,9 (Lee), mais je suis un peu déçue : ça ne change pas grand chose je trouve…
            Il me faudrait sans doute un pola, alors ?
            J’utilise le zoom Nikon 24-70 pour mes paysages…
            Mais tu as raison, le paysage c’est beaucoup plus difficile qu’on pourrait le penser …
            Pour ce qui est d’y mettre du coeur: oui ! C’est même là sans doute la clé de la réussite…
            Nous partons vendredi en Géorgie, de quoi m’exercer…
            Bien à toi,
            Claire

  6. 22 avril 2016
    Répondre

    Je retrouve avec grand plaisir cet endroit que j’affectionne particulièrement …
    De très belles ambiances, des lumières qui ne laissent pas indifférent comment ne pas tomber en amour devant ce spectacle!
    Merci pour ces superbes images

    • Alexis
      22 avril 2016
      Répondre

      Merci beaucoup. Effectivement, comment ne pas en être amoureux, de cette vallée et de ces si belles Alpes que nous avons!

  7. 21 avril 2016
    Répondre

    Très bel album.
    Que du Bonheur 💗
    Des couleurs magnifiques.
    Merci beaucoup pour ce partage.

    • Alexis
      22 avril 2016
      Répondre

      Merci M’man, merci P’pa!
      Oui, de bons souvenirs…maintenant! Sur le moment, j’étais un peu plus mécontent de randonner 😉

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