nov
27

Cathedral mirror – Part II

Dans un précédent article, j’avais évoqué avec vous que le Kirkjufell, la « montagne église », était un lieu emblématique de l’Islande.

Finalement tellement emblématique, qu’après cette première image, partagée avec vous, j’y suis retourné, deux semaines plus tard. Cette fois, alors que la journée entière avait été placée sous le signe du beau temps, en sortant du Kaffee 59, le ciel s’était chargé radicalement. Une belle grosse masse nuageuse comme on les aime était présente sur l’ouest de la péninsule.

Plutôt que de me rendre encore sur les rives du Halsvadall, j’avais cherché un autre point de vue. C’est ainsi que, non loin de la route, j’étais tombé sur cette petite gouille très attrayante, entourée de mousses et d’herbes hautes. De ce point de vue, le Cap’tain Kirk m’offrait, qui plus est, un autre profil, plus étroit, plus fin, lui donnant des allures de Cervin. Et dans le ciel, pendant ce temps, alors que se dessinait un puit de lumière par lequel semblait vouloir descendre quelque bête énorme, genre Nazgûl, un nuage tentait désespérément de s’accrocher au sommet. Comme lors de ma première visite…

Toutefois, je n’ai pas pu m’attarder bien longtemps devant ce spectacle. En effet, à cette époque de l’année, les sternes arctiques sont en effet en pleine période de couvaison. Il faut donc essayer de ne pas trop les déranger. L’avantage, avec ces oiseaux, c’est qu’ils vous le font très clairement savoir, si vous empiétez trop sur leur territoire: ils piquent sur vous, en visant le point le plus haut, votre tête! Ne souhaitant pas les importuner trop longtemps, j’avais réalisé cette image et j’étais aussitôt reparti, en espérant qu’elle allait rendre quelque chose…

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Cet article a été écrit par Alexis

nov
17

A day in october

L’automne, ma saison favorite. Là où les couleurs chaudes côtoient l’éphémère. Une saison si courte qu’un coup de froid précoce ou une tempête d’automne peut tout emporter en quelques jours. Cette fragilité n’a d’égale que sa beauté. Toute une année d’image avec l’attente de ces moments dans le coin de la tête. L’impatience des paysages parés de feu et d’or.

Cette année je suis allé faire un tour en Clarée sans doute là où l’automne habite, là où je l’ai vu dans son plus bel écrin jusqu’à maintenant. Tout n’est qu’une ode à cette saison là bas en Octobre. Tout n’est que couleurs flamboyantes comme si la nature donnait tout ce qu’elle a de plus beau avant le grand sommeil et le retour proche du grand blanc.

J’aime vraiment cette image, l’harmonie des éléments et des couleurs me plaît beaucoup et tout ce que j’aime s’y trouve. La veille j’avais bivouaqué sur les hauteurs du lac long un peu plus haut en altitude et après un lever magnifique, qui fera surement l’objet d’un reportage prochainement, l’envie de se promener dans la haute vallée entre les mélèzes hésitant encore entre le jaune, l’orange ou encore un peu de vert, vestige de l’été passé est pressante. La chaîne des Cerces domine la vallée et la superbe main de Crépin s’impose d’elle-même dans mon cadrage. J’aime cette montagne, j’aime sa forme reconnaissable facilement. Le torrent qui serpente au milieu de la vallée est un bel instrument de composition et les pieds dans l’eau l’idée du cadrage arrive tranquillement. J’ai mon image en tête, il me faut juste trouver le bon point de vue pour englober le tout. Les nuages se font de plus en plus nombreux et la pluie ne va pas tarder, la lumière se fait rare et il faut profiter des nuances lumineuses sur ces tons jaunes. Il me faut faire vite et bien rater un tel paysage serait impardonnable pour moi car environ une heure plus tard la pluie et là et la lumière plus qu’un souvenir.

Faire des images ici donne tellement de plaisir que le temps manque dans des endroits comme celui ci, plusieurs jours seraient nécessaires pour s’imprégner de ces lieux incroyables de beauté mais après cet intermède la dur réalité de la vie nous rejoint mais ça permet de mieux profiter de ces moments rares, trop rares pour moi. Au moment où j’écris cet article l’automne est quasiment parti, les couleurs devenues sombres et ternes et l’hiver guette de loin et déjà je languis de vivre bientôt un autre jour en Octobre.

 

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Cet article a été écrit par Emmanuel

nov
13

Colored Dead Forest…

Le parc national de la forêt bavaroise que l’on appelle dans sa langue natale Nationalpark Bayerischer Wald est situé au sud-est de l’Allemagne le long de la République Tchèque.
Plus de 300 km de sentiers de randonnée et, en hiver, environs 80 km de pistes de ski de fond permettent d’explorer le plus ancien parc national allemand qui représente à lui seul 24 250 hectares. Une réserve de 4 000 ha de forêts est interdite au public.
Elle fait partie, avec le Parc National de la forêt de Sumava des dernières forêts primaire d’Europe.

Le point culminant à 1453m est ouvert aux vents qui soufflent assez violemment dans ce petit coin de Nature. La forêt à subi de nombreuses tempêtes et la prolifération de scolytes est à l’origine d’un désastre écologique sans précédent, mais la direction du parc national de la forêt bavaroise a décidé de ne pas intervenir.
Le choix de laisser la nature se développer selon ses propres lois s’est avéré une réussite et la forêt bavaroise est plus vivace que jamais.

Du sommet du Mont Lüsen que nous avons atteint quelques instants avant la tombée de la nuit, je vous livre cette image, témoin de ces cicatrices passées.
Les différentes chandelles, troncs d’arbres abandonnées au temps, sont autant d’abris pour la faune du secteur. Elles participent passivement à la dynamique du vivant, la Nature ici s’étend à perte de vue, a cheval entre la Terre de Bohème et la Forêt Bavaroise.

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Cet article a été écrit par Benjamin

nov
3

Divine Reflexion

C’était il y a tout juste un an. Manu propose une escapade dans un des plus beaux panoramas Alpins et ce à une période idyllique : l’automne. Les conditions météos annoncées ne sont vraiment pas bonnes. Le ciel est vraiment bas et lorsque nous arrivons un peu avant la station de Valloire, la neige commence à tomber de manière insistante.

Nous sommes au pied du massif des Cerces et le doute nous envahit, à savoir si nous allions bel et bien grimper jusqu’au lac faisant face notamment au magnifique Grand Galibier (3228m). L’effet de groupe l’emporte sur la raison, et nous entamons finalement notre ascension jusqu’au lac des Cerces sans véritablement de visibilité, en suivant scrupuleusement le sentier qui s’efface de plus en plus face à cette chute de neige quasi prématurée. La nuit tombe assez rapidement, le temps de poser le campement et d’effectuer quelques photos avant le lendemain matin.

L’ambiance feutrée du petit matin sous la tente laisse présager que la chute de neige a été relativement abondante. J’entends déjà quelques vois s’exclamer à l’extérieur. L’excitation est à son comble et il est difficile de cacher son enthousiasme lorsque qu’une bande de photographes, paysagistes de surcroit, sont face à un tel spectacle!

Quelle merveille que de se retrouver en pleine transition automne/hiver. L’atmosphère est lavée de toute trace de brume, le visuel est sensationnel. Il ne me reste plus qu’à soigner la composition et attendre que La Lumière me dévoile les plus beaux atouts de ce massif tant couru par les photographes et autres randonneurs amateurs de belles montagnes!

 

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Cet article a été écrit par Fabien

oct
30

Cathedral mirror

Il y a quelques sites en Islande qu’on reconnait au moindre coup d’oeil. Des sites emblématiques, vus en photo des milliers de fois. Le Kirkjufell, sommet de la péninsule de Snaefellsnes, à l’ouest de l’Islande, fait partie de ceux-ci.

En français, Kirkjufell signifie « montagne église » et il doit ce nom à sa forme. D’une hauteur de 469m, il a des airs de ressemblance, par son coté le plus étroit, au non moins célèbre Cervin.

Réaliser des photos du Kirkjufell est un véritable challenge pour qui souhaite un tant soit peu sortir de l’ordinaire. Je n’ai évidemment pas cette prétention avec cette image mais voilà, en tout cas, son histoire.

Bien qu’étant un site très fréquenté, il apparaissait comme inévitable que nous allions nous y rendre durant le séjour, la péninsule étant sur notre trajet pour monter à Hornstrandir. La journée entière avait été très humide, avec de grosses averses ou, au minimum, de la bruine constante. Toutefois, vers 22h30, alors que nous finissions notre bon burger maison au Kaffee 59, et que Eyrún, petite fille blonde, faisait du trampoline, des belles lumières ont commencé à poindre. Il fallait donc en profiter. A mesure que les nuages s’éloignaient, le sommet du Kirkjufell se découvrait. Alors que Fabien est Michel s’étaient dirigés plus haut, vers les différentes chutes d’eau, j’avais choisi de gagner les rives du Halsvadall, petit fjord sur la face ouest de la montagne.

Par chance, un petit nuage était resté accroché sur le versant ouest, ajoutant beaucoup à l’ambiance. J’avais choisi ici d’utiliser la courbure des rives du fjord pour y inscrire celle du reflet du Kirkjufell et, en plus, de la combiner à la courbure du rocher du premier plan. Mais, pour tout vous dire, je ne suis pas pleinement satisfait de cette compo. En effet, un élément me perturbe encore aujourd’hui: je n’avais pas réussi à éviter le chevauchement de la langue de terre avec la naissance du reflet du versant de la montagne.C’est une belle image à mes yeux, mais jamais une grande. Les grandes images se jouent en effet dans les détails…

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Cet article a été écrit par Alexis