nov
17

A day in october

L’automne, ma saison favorite. Là où les couleurs chaudes côtoient l’éphémère. Une saison si courte qu’un coup de froid précoce ou une tempête d’automne peut tout emporter en quelques jours. Cette fragilité n’a d’égale que sa beauté. Toute une année d’image avec l’attente de ces moments dans le coin de la tête. L’impatience des paysages parés de feu et d’or.

Cette année je suis allé faire un tour en Clarée sans doute là où l’automne habite, là où je l’ai vu dans son plus bel écrin jusqu’à maintenant. Tout n’est qu’une ode à cette saison là bas en Octobre. Tout n’est que couleurs flamboyantes comme si la nature donnait tout ce qu’elle a de plus beau avant le grand sommeil et le retour proche du grand blanc.

J’aime vraiment cette image, l’harmonie des éléments et des couleurs me plaît beaucoup et tout ce que j’aime s’y trouve. La veille j’avais bivouaqué sur les hauteurs du lac long un peu plus haut en altitude et après un lever magnifique, qui fera surement l’objet d’un reportage prochainement, l’envie de se promener dans la haute vallée entre les mélèzes hésitant encore entre le jaune, l’orange ou encore un peu de vert, vestige de l’été passé est pressante. La chaîne des Cerces domine la vallée et la superbe main de Crépin s’impose d’elle-même dans mon cadrage. J’aime cette montagne, j’aime sa forme reconnaissable facilement. Le torrent qui serpente au milieu de la vallée est un bel instrument de composition et les pieds dans l’eau l’idée du cadrage arrive tranquillement. J’ai mon image en tête, il me faut juste trouver le bon point de vue pour englober le tout. Les nuages se font de plus en plus nombreux et la pluie ne va pas tarder, la lumière se fait rare et il faut profiter des nuances lumineuses sur ces tons jaunes. Il me faut faire vite et bien rater un tel paysage serait impardonnable pour moi car environ une heure plus tard la pluie et là et la lumière plus qu’un souvenir.

Faire des images ici donne tellement de plaisir que le temps manque dans des endroits comme celui ci, plusieurs jours seraient nécessaires pour s’imprégner de ces lieux incroyables de beauté mais après cet intermède la dur réalité de la vie nous rejoint mais ça permet de mieux profiter de ces moments rares, trop rares pour moi. Au moment où j’écris cet article l’automne est quasiment parti, les couleurs devenues sombres et ternes et l’hiver guette de loin et déjà je languis de vivre bientôt un autre jour en Octobre.

 

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Cet article a été écrit par Emmanuel

nov
13

Colored Dead Forest…

Le parc national de la forêt bavaroise que l’on appelle dans sa langue natale Nationalpark Bayerischer Wald est situé au sud-est de l’Allemagne le long de la République Tchèque.
Plus de 300 km de sentiers de randonnée et, en hiver, environs 80 km de pistes de ski de fond permettent d’explorer le plus ancien parc national allemand qui représente à lui seul 24 250 hectares. Une réserve de 4 000 ha de forêts est interdite au public.
Elle fait partie, avec le Parc National de la forêt de Sumava des dernières forêts primaire d’Europe.

Le point culminant à 1453m est ouvert aux vents qui soufflent assez violemment dans ce petit coin de Nature. La forêt à subi de nombreuses tempêtes et la prolifération de scolytes est à l’origine d’un désastre écologique sans précédent, mais la direction du parc national de la forêt bavaroise a décidé de ne pas intervenir.
Le choix de laisser la nature se développer selon ses propres lois s’est avéré une réussite et la forêt bavaroise est plus vivace que jamais.

Du sommet du Mont Lüsen que nous avons atteint quelques instants avant la tombée de la nuit, je vous livre cette image, témoin de ces cicatrices passées.
Les différentes chandelles, troncs d’arbres abandonnées au temps, sont autant d’abris pour la faune du secteur. Elles participent passivement à la dynamique du vivant, la Nature ici s’étend à perte de vue, a cheval entre la Terre de Bohème et la Forêt Bavaroise.

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Cet article a été écrit par Benjamin

nov
3

Divine Reflexion

C’était il y a tout juste un an. Manu propose une escapade dans un des plus beaux panoramas Alpins et ce à une période idyllique : l’automne. Les conditions météos annoncées ne sont vraiment pas bonnes. Le ciel est vraiment bas et lorsque nous arrivons un peu avant la station de Valloire, la neige commence à tomber de manière insistante.

Nous sommes au pied du massif des Cerces et le doute nous envahit, à savoir si nous allions bel et bien grimper jusqu’au lac faisant face notamment au magnifique Grand Galibier (3228m). L’effet de groupe l’emporte sur la raison, et nous entamons finalement notre ascension jusqu’au lac des Cerces sans véritablement de visibilité, en suivant scrupuleusement le sentier qui s’efface de plus en plus face à cette chute de neige quasi prématurée. La nuit tombe assez rapidement, le temps de poser le campement et d’effectuer quelques photos avant le lendemain matin.

L’ambiance feutrée du petit matin sous la tente laisse présager que la chute de neige a été relativement abondante. J’entends déjà quelques vois s’exclamer à l’extérieur. L’excitation est à son comble et il est difficile de cacher son enthousiasme lorsque qu’une bande de photographes, paysagistes de surcroit, sont face à un tel spectacle!

Quelle merveille que de se retrouver en pleine transition automne/hiver. L’atmosphère est lavée de toute trace de brume, le visuel est sensationnel. Il ne me reste plus qu’à soigner la composition et attendre que La Lumière me dévoile les plus beaux atouts de ce massif tant couru par les photographes et autres randonneurs amateurs de belles montagnes!

 

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Cet article a été écrit par Fabien

oct
30

Cathedral mirror

Il y a quelques sites en Islande qu’on reconnait au moindre coup d’oeil. Des sites emblématiques, vus en photo des milliers de fois. Le Kirkjufell, sommet de la péninsule de Snaefellsnes, à l’ouest de l’Islande, fait partie de ceux-ci.

En français, Kirkjufell signifie « montagne église » et il doit ce nom à sa forme. D’une hauteur de 469m, il a des airs de ressemblance, par son coté le plus étroit, au non moins célèbre Cervin.

Réaliser des photos du Kirkjufell est un véritable challenge pour qui souhaite un tant soit peu sortir de l’ordinaire. Je n’ai évidemment pas cette prétention avec cette image mais voilà, en tout cas, son histoire.

Bien qu’étant un site très fréquenté, il apparaissait comme inévitable que nous allions nous y rendre durant le séjour, la péninsule étant sur notre trajet pour monter à Hornstrandir. La journée entière avait été très humide, avec de grosses averses ou, au minimum, de la bruine constante. Toutefois, vers 22h30, alors que nous finissions notre bon burger maison au Kaffee 59, et que Eyrún, petite fille blonde, faisait du trampoline, des belles lumières ont commencé à poindre. Il fallait donc en profiter. A mesure que les nuages s’éloignaient, le sommet du Kirkjufell se découvrait. Alors que Fabien est Michel s’étaient dirigés plus haut, vers les différentes chutes d’eau, j’avais choisi de gagner les rives du Halsvadall, petit fjord sur la face ouest de la montagne.

Par chance, un petit nuage était resté accroché sur le versant ouest, ajoutant beaucoup à l’ambiance. J’avais choisi ici d’utiliser la courbure des rives du fjord pour y inscrire celle du reflet du Kirkjufell et, en plus, de la combiner à la courbure du rocher du premier plan. Mais, pour tout vous dire, je ne suis pas pleinement satisfait de cette compo. En effet, un élément me perturbe encore aujourd’hui: je n’avais pas réussi à éviter le chevauchement de la langue de terre avec la naissance du reflet du versant de la montagne.C’est une belle image à mes yeux, mais jamais une grande. Les grandes images se jouent en effet dans les détails…

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Cet article a été écrit par Alexis

oct
27

The triumph of shadows

Depuis quelque temps déjà j’avais l’idée d’aller visiter un nouvel endroit pour moi dans les Hautes-Alpes non loin de la frontière Italienne mais la distance, presque 6 heures de route depuis chez moi, repoussait chaque fois cette sortie. Durant mes vacances cet été je me suis enfin rendu dans la Vallée étroite non loin de Névache. Surement un des plus beaux endroits des Alpes que j’ai pu visiter jusqu’ici. La beauté des lieux commence dès le départ de la rando et le charmant village des Granges de la vallée étroite aussi typique que perdu au milieu de nulle part sauf en été ou nombres de gens y passent pour randonner.

la montée se fait avec le grand Séru et sa roche ciselée ainsi que le mont Thabor en ligne de mire tantôt au milieu des forêts de mélèzes tantôt dans une nature sauvage comme rarement j’en ai vu et qui nous fait bien remarquer que nous sommes dans la partie sud des Alpes. La seconde partie du parcours est un rêve, le sentier longe un torrent aux accents turquoise par endroits, la floraison est au top et mille couleurs colorent les sols. Les senteurs estivales sont un véritable enchantement. Un mélèze monte la garde ici ou là et les montagnes nous entourent de part en part avec le grand Adret en ligne de mire, impressionnant ou que l’on regarde.

Ma première venue n’a pas été chanceuse car le ciel bleu m’a tenue compagnie pendant mes deux jours là haut, aucune image mais l’idée de revenir vite elle est bien là.

L’envie est trop forte, une semaine plus tard me revoici dans cet endroit idyllique, mais la la pluie est de la partie et elle ne cessera pas pendant un jour entier, déjà un coucher et un lever en moins. Décidément ce paysage se refuse à moi. A la mi journée du deuxième jour la pluie cesse mais un fort vent très froid se lève, les nuages défilent vite et les sommets se montrent. Il fait froid un peu de neige fait son apparition sur le mont Thabor qui veille au dessus. Le soir arrive, la couverture nuageuse est dense. Posté devant mon petit lac j’attends les couleurs au dernier moment au dessus du grand Séru et du petit Séru avec un reflet qui s’est glissé là pendant une brève accalmie. J’ai mon image tant attendue et presque la seule.

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The triumph of shadows

Le lendemain matin le ciel bleu envahissait à nouveau les lieux et cette image restera la seule à ce jour, une belle excuse pour y retourner au plus vite…

Cet article a été écrit par Emmanuel