juil
29

Pieces of gold

Je n’ai pas vraiment la prétention d’être un grand connaisseur en matière de fleur ni vraiment rechercher ce genre d’image mais lorsque l’occasion se présente et que la fleur me plaît beaucoup je ne m’en prive pas. C’est ce qui s’est passé pour la Tulipe Sauvage ou Tulipa sylvestris pour mes amis les puristes. Voici une fleur pour qui j’ai vraiment eu un coup de foudre pour son esthétisme et sa couleur jaune flamboyante qui jaillit au milieu de la verdure printanière. Des petits morceaux d’or parsemés dans la prairie immense.

Ces images sont issues des deux dernières saisons, comme souvent je les ai trouvées par hasard en me promenant non loin de chez moi en Franche-Comté sur la commune de Vesoul dans les prairies humides des alentours, c’était la première fois que j’en voyais en vrai même si j’en avais beaucoup croisé en images. J’y suis retourné plusieurs fois pour être sur de les photographier au meilleur de leurs couleurs et de leur floraison. J’aime beaucoup quand l’occasion se présente faire un peu de macro, j’aime m’allonger dans l’herbe fraîche du soir ou du matin parfois accompagné de rosée et jouer avec la lumière qui décline reine des ombres et des contres jours.

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A ma grande tristesse une partie des Tulipes avait été cueilli entre deux de mes passages, n’oublions pas qu’une fleur est bien plus belle au milieu de la nature qu’en bouquet sur une table amis promeneur.

Peut être retournerai-je les voir au printemps prochain fidèle au poste partager un peu de mon temps avec elle dont la beauté rime avec éphémère puisque le top de leur floraison dur peu de temps et c’est ce qui fait aussi une partie de leur charme.

J’espère que ces quelques images macro rare chez moi vous auront plu comme j’ai eu plaisir à les prendre et que si vous les rencontrer vous saurez en profiter comme elles le méritent.

juil
25

Metallic Water

Mon paquetage est prêt ! Après de longues semaines hivernales, je pars enfin ce soir pour deux jours retrouver mes amis qui tiennent un refuge situé dans les hauteurs du Val d’Allos. Vous savez ce coin de paradis où les Alpes ont le privilège d’être du Sud, où le soleil offre ses rayons bienfaisants à la magnificence de la montagne sous un décor de ciel bleu intense ?

Je roule donc jusqu’au Laus où je laisse ma voiture. Puis j’entame un sentier à la rencontre d’un paysage familier : un torrent aux frissons éternels, des rochers coiffés de lichen, des arbres qui semblent me saluer au passage tant leur révérence est appliquée… Mes sens sont de toutes parts sollicités. Je respire pleinement cette heure du jour où la nature s’apaise… où le vent s’assoupit dans l’ombre des sous-bois de mélèzes.

Je franchis finalement le seuil du refuge où m’attendent des bras grand ouverts. La soirée bat son plein de paroles et d’éclats de rire. Les effluves de cuisine, de bois… veillent à ce que rien ne puisse perturber l’ambiance qui nous conduit au sommeil profond. Mais dès le lendemain matin, leur table blonde, accueillante de gourmandises et de bon café chaud, me parle sans cesse de mon site préféré… à l’heure où les chemins vont au lac, je me laisse emporter vers le géant du Sud…le plus grand lac naturel d’altitude d’Europe se présente là, devant moi, fort de ses 2228m, ses Tours qui se dressent en rempart, les monts Pelat, l’Avalanche, la Tête du lac… Ses eaux froides plongeant à plus de 50m, pauvres en oxygène, le privant de vie végétale, lui donnent par effet de miroir les reflets d’un ciel bleu unique sur 54 ha.

A ma grande surprise, je ne retrouve pourtant pas cet azur habituel car le pollen des arbres environnants a recouvert sa surface comme pour lui donner la chance de se reposer un instant des griffes du soleil. Déstabilisé par ce doublé de couleurs, je ne sais que faire. Tant pis, j’abandonne, le paysage ne me convient pas… pourtant cette pierre en premier plan aurait pu être sympa sans cette mélasse. Prêt à retourner au refuge, je me dis que j’aurais peut-être pu en tirer parti, rendre original ce qui paraissait de prime abord repoussant.

Je tente alors une prise avec mon filtre noir. Qui sait ? Sans doute les pollens en mouvement accentueront-ils la dynamique de l’image ? Gagné ! Une vague jaune se dessine sur la photo obtenue laissant place par endroits aux reflets bleus du ciel et blancs des sommets enneigés. Il ne suffit pas de décréter que la nature est belle, il faut savoir lui rendre hommage en la décryptant, en l’admirant… Quant à moi, je me suis exécuté par cette image inhabituelle, ainsi soit-elle ce jour.

Je vous livre ce soir le secret du lac d’Allos que je tiens d’un vieux berger : Au plus profond des eaux du lac se trouve une pierre sur laquelle est gravé : « quouro mi veiras, plouraras » (quand tu me verras, tu pleureras). Cela signifie que si le niveau du lac baisse jusqu’à mettre à jour la pierre en question, les conséquences seront graves pour l’homme. Préservons notre Terre pour ne jamais avoir à lire ces quelques mots…

Rémi Garcia pour Horizons Naturels

 

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juil
21

Dreaming Puffin

Après un premier « survol » de ce magnifique pays qu’est l’Islande en 2013 avec ma tendre épouse, je n’avais pas eu l’occasion de contempler la faune dans toute sa splendeur compte tenu que nous y étions allés durant le mois de Septembre. 2014, un retour sur cette île, avec mes amis Alexis et Michel, fut un véritable moment révélateur. J’ai pu mesurer l’ampleur de la richesse naturelle qui y subsistait. L’ornithologie, n’étant à la base pas mon domaine de prédilection, j’avoue avoir été séduit par ce fourmillement d’oiseaux nichant dans les magnifiques falaises de l’ouest Islandais.

Alexis, possédant de solides bases sur le monde animalier, nous a été d’une aide précieuse dans la découverte des oiseaux résidants momentanément dans cette lointaine contrée. J’avoue m’être pris au jeu, et les premières journées de shooting sur les colonies de fulmars boréals, guillemots et autres pingouins torda furent un véritable désastre photographique.

La découverte des macareux a été un élément déclencheur. De part le fait que ses attitudes sont élégantes, expressives avec cette fameuse tête toute droite sortie d’une roulote de cirque itinérant. J’ai pris le temps de les admirer, de les contempler et d’analyser leurs attitudes au bord de ces falaises suspendues à 500,  600m au dessus de l’océan Atlantique.

Ce macareux était face à mon téléobjectif et s’est endormi après, je pense, une longue journée de  prospection en mer afin de nourrir les siens. Un moment inoubliable, unique comme nous aimons les partager avec vous.

 

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juil
15

Young the Giant

Parfois nous sommes amenés à faire des découvertes, des découvertes de tous genres qui nous emmènent dans un monde bien lointain…celui de notre inconscient…
Quel voyage que celui d’errer aux frontières de l’inconnu…l’inconnu…c’est moi, car au gré de mes pérégrinations  je continue à me découvrir et petit à petit me dévoiler au travers de l’image.
J’ai choisi de nommer mon image « Young the Giant » car ce jour là, j’ai fait plusieurs découvertes, mêlant Musique et Nature…
« Young the Giant » est un groupe Californien fort sympathique, et c’est au son de leurs gratte que ce jour là j’ai ouvert les yeux sur le Plateau d’Emparis…
Le lieu m’a tout de suite plu…grand amoureux des paysages écossais, je ne m’attendais pas à découvrir ce genre de paysage si rond dans un décor où les aiguilles se dessinent dans le ciel comme des flèches acérées.
Comme une invitation à l’aventure, « Firelight »  résonne dans ma tête, je charge mon sac avec tout le nécessaire pour manger, dormir, photographier et je descend me rapprocher de ce décor idyllique.
La marche n’est pas très longue mais longs auront été les différents allers retours pour découvrir ce qu’il y a autour du plateau, ce jour là j’aurai au moins fait une vingtaine de bornes, le profil passe rapidement du plat à l’escarpé.

Le plateau en lui même est des plus verdoyant. Le sol est quelque peu imbibé, laissant parfois apparaître des cicatrices dans la terre, les gouilles d’eau sont quant à elles nombreuses…une aubaine pour le photographe.
Quelques méandres se dessinent et l’eau qui rigole de ces serpents est d’un clair limpide.
Ils y abritent une forte population de truites et d’ombles chevalier…il n’est pas rare d’y rencontrer des pêcheurs.

Le soir venu, la lumière s’apaise, tout comme le vent…je n’entend que le chant des oiseaux…
En ce tout début d’été la météo en montagne oscille entre grand bleu et orage.
Ce soir là, l’orage ne sera pas passé loin, j’entend encore les roulements du tonnerre sur le Massif des Ecrins situé juste derrière…
Le temps de déclencher pour quelques images et il sera temps de monter la tente pour une nuit fort agréable bercé par le clapotis de l’eau…

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juil
10

Parmi les lupins

L’avion qui nous emmenait en Islande n’avait même pas encore atterri qu’une chose très intéressante me sautait aux yeux et me donnait follement envie de le voir de plus près: au travers du hublot, j’apercevais d’énormes taches bleues/violettes dans le paysage.

Ces fameuses taches, nous avons été dedans dès nos premiers pas sur le sol islandais et, en quelque sorte, elles ont été un des fils conducteurs de notre séjour. Elles n’étaient ni plus ni moins que des stations immenses de lupins d’Alaska.
Importé dans l’Islande d’après guerre dans le but de limiter l’érosion des sols, il s’y est évidemment rapidement bien plu. Il a colonisé une grande partie des sols dès lors qu’ils sont un tant soit peu irrigués et va même jusqu’à empêcher certaines plantes locales de se développer. Le lupin d’Alaska est donc très vite devenu une espèce invasive.

Malgré tout, il reste une belle fleur que tout photographe de paysages apprécie en premier plan. Sa période de floraison commençant début juin, nous étions pile à la bonne époque pour profiter de ses superbes couleurs, allant du blanc au bleu en passant par le violet.

C’est donc tout naturellement que, dès le premier soir, sur la péninsule de Snaefellsness, nous nous sommes mis à la recherche d’un paysage sympathique incluant des lupins.
Alors que j’étais en train de composer mes images, j’avais aperçu cet oiseau posé sur un des nombreux piquets de parc à moutons. Partant du principe que les montagnes au loin et les lupins n’allaient pas partir de si tôt, j’ai décidé de prendre le temps de sortir le téléobjectif et d’aller à la rencontre de cet individu. Slalomant accroupi derrière les massifs de lupins en guise de camouflage, je n’ai pas tardé à me retrouver à distance suffisante pour un plan d’ensemble, montrant l’animal dans son milieu. Ayant jeté un oeil dans le viseur, j’ai pu enfin identifier un chevalier gambette. Une photo, deux photos et hop, monsieur s’est envolé, ne me laissant que le souvenir de cette rencontre et une image qui restera parmi mes préférées: un chevalier gambette parmi les lupins sur fond de Kirkjufell, la célèbre « montagne église ».

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