oct
30

Cathedral mirror

Il y a quelques sites en Islande qu’on reconnait au moindre coup d’oeil. Des sites emblématiques, vus en photo des milliers de fois. Le Kirkjufell, sommet de la péninsule de Snaefellsnes, à l’ouest de l’Islande, fait partie de ceux-ci.

En français, Kirkjufell signifie « montagne église » et il doit ce nom à sa forme. D’une hauteur de 469m, il a des airs de ressemblance, par son coté le plus étroit, au non moins célèbre Cervin.

Réaliser des photos du Kirkjufell est un véritable challenge pour qui souhaite un tant soit peu sortir de l’ordinaire. Je n’ai évidemment pas cette prétention avec cette image mais voilà, en tout cas, son histoire.

Bien qu’étant un site très fréquenté, il apparaissait comme inévitable que nous allions nous y rendre durant le séjour, la péninsule étant sur notre trajet pour monter à Hornstrandir. La journée entière avait été très humide, avec de grosses averses ou, au minimum, de la bruine constante. Toutefois, vers 22h30, alors que nous finissions notre bon burger maison au Kaffee 59, et que Eyrún, petite fille blonde, faisait du trampoline, des belles lumières ont commencé à poindre. Il fallait donc en profiter. A mesure que les nuages s’éloignaient, le sommet du Kirkjufell se découvrait. Alors que Fabien est Michel s’étaient dirigés plus haut, vers les différentes chutes d’eau, j’avais choisi de gagner les rives du Halsvadall, petit fjord sur la face ouest de la montagne.

Par chance, un petit nuage était resté accroché sur le versant ouest, ajoutant beaucoup à l’ambiance. J’avais choisi ici d’utiliser la courbure des rives du fjord pour y inscrire celle du reflet du Kirkjufell et, en plus, de la combiner à la courbure du rocher du premier plan. Mais, pour tout vous dire, je ne suis pas pleinement satisfait de cette compo. En effet, un élément me perturbe encore aujourd’hui: je n’avais pas réussi à éviter le chevauchement de la langue de terre avec la naissance du reflet du versant de la montagne.C’est une belle image à mes yeux, mais jamais une grande. Les grandes images se jouent en effet dans les détails…

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Cet article a été écrit par Alexis

oct
27

The triumph of shadows

Depuis quelque temps déjà j’avais l’idée d’aller visiter un nouvel endroit pour moi dans les Hautes-Alpes non loin de la frontière Italienne mais la distance, presque 6 heures de route depuis chez moi, repoussait chaque fois cette sortie. Durant mes vacances cet été je me suis enfin rendu dans la Vallée étroite non loin de Névache. Surement un des plus beaux endroits des Alpes que j’ai pu visiter jusqu’ici. La beauté des lieux commence dès le départ de la rando et le charmant village des Granges de la vallée étroite aussi typique que perdu au milieu de nulle part sauf en été ou nombres de gens y passent pour randonner.

la montée se fait avec le grand Séru et sa roche ciselée ainsi que le mont Thabor en ligne de mire tantôt au milieu des forêts de mélèzes tantôt dans une nature sauvage comme rarement j’en ai vu et qui nous fait bien remarquer que nous sommes dans la partie sud des Alpes. La seconde partie du parcours est un rêve, le sentier longe un torrent aux accents turquoise par endroits, la floraison est au top et mille couleurs colorent les sols. Les senteurs estivales sont un véritable enchantement. Un mélèze monte la garde ici ou là et les montagnes nous entourent de part en part avec le grand Adret en ligne de mire, impressionnant ou que l’on regarde.

Ma première venue n’a pas été chanceuse car le ciel bleu m’a tenue compagnie pendant mes deux jours là haut, aucune image mais l’idée de revenir vite elle est bien là.

L’envie est trop forte, une semaine plus tard me revoici dans cet endroit idyllique, mais la la pluie est de la partie et elle ne cessera pas pendant un jour entier, déjà un coucher et un lever en moins. Décidément ce paysage se refuse à moi. A la mi journée du deuxième jour la pluie cesse mais un fort vent très froid se lève, les nuages défilent vite et les sommets se montrent. Il fait froid un peu de neige fait son apparition sur le mont Thabor qui veille au dessus. Le soir arrive, la couverture nuageuse est dense. Posté devant mon petit lac j’attends les couleurs au dernier moment au dessus du grand Séru et du petit Séru avec un reflet qui s’est glissé là pendant une brève accalmie. J’ai mon image tant attendue et presque la seule.

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The triumph of shadows

Le lendemain matin le ciel bleu envahissait à nouveau les lieux et cette image restera la seule à ce jour, une belle excuse pour y retourner au plus vite…

Cet article a été écrit par Emmanuel

sept
26

Fox is thinking

Une rencontre que je ne suis pas prêt d’oublier car elle s’est produite deux fois cette année et dans deux destinations différentes. Le point commun de rencontre est que nous sommes situés soit juste en dessous du cercle polaire (Islande) ou au dessus (Le Svalbard).

Ici mon sujet de fascination se situe effectivement au Svalbard. Cette jeune femelle était intriguée par notre présence et nous a offert plus de 2 heures de spectacle. A cette latitude, la rareté de la végétation ainsi que le faible nombre d’espèces volatiles me laisse entrevoir que sa vie n’est véritablement pas simple. L’hiver sera rude et se sera son premier en l’occurrence.  C’est à cet instant que je mesure toute la fragilité de l’équilibre naturel qui règne juste en dessous du Pôle. Un simple dérèglement et c’est toute une chaine animale qui est impactée. Le simple fait de penser qu’un renard polaire vit en moyenne entre 5 à 8 ans, suggère que sa vie est une véritable compétition quotidienne.

Les paysages côtiers épurés du Svalbard, dépourvus du moindre arbuste, ou simplement d’herbe, mettent bien en évidence l’aspect minéral de ce nouvel univers que je commence à peine à découvrir. Je dois absolument y retourner!

 

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Cet article a été écrit par Fabien

sept
22

Etre et avoir été…

Point d’orgue de notre seconde semaine en terre islandaise, notre séjour au milieu de nulle part durant deux jours, le long d’une piste sans nom, a été très marquant pour moi.
Cette piste, nous l’avons emprunté 2 fois, quand bien même il nous fallait pas loin de 6h pour faire les 40km, avec des passages durant lesquels le Land Cruiser était sur 2 roues, des passages où nous étions, Michel et moi, en dehors de la voiture pour guider Fabien au volant. Très marquant parce que le sentiment de solitude y avait été très important, tout autant que sur Hornstrandir, mais dans un autre registre.
Le décor était absolument merveilleux: volcans dans la brume, amas de cendres, tapis de mousse, chambres magmatiques affaissées…et au milieu de tout ça, de petites tâches de couleur rose qui dénotaient complétement.
Cette couleur, ce rose, ces fleurs sont communes, mais au milieu de ce paysage sorti de nulle part, il semblait que c’était pourtant elles, les intrus. Petites tâches de vie au milieu d’un enfer minéral.

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Cet article a été écrit par Alexis

sept
18

Window to the light

J’ai choisi de vous parler cette image qui à première vue donne l’impression de cacher une histoire photographique semblable aux autres mais cette fois-ci quelque chose de plus personnelle que d’habitude s’y trouve…

Il y a presque deux ans naissait mon fils Gabriel qui forcément marqua un petit coup d’arrêt dans mes sorties photo avec ma compagne Céline, cette image illustre la première sortie dans les Alpes avec elle depuis donc deux ans maintenant. Nous sommes au mois d’Août en cet été quelque peu humide, et comme tous les ans je suis en vacances à cette période. Un créneau s’ouvre à nous pour pouvoir partir 3 jours quelque part dans les Alpes. Il me fallait un endroit magnifique et inconnu pour elle, une randonnée assez facile et pas trop longue. Ce sera le Lac des Cerces, je n’y serais surement jamais allé sans cela en ce milieu de mois d’Août mais le mauvais temps annoncé devrait tenir à l’écart nombre de touristes pour cette fois ci et nous donner une tranquillité quasi assurée. C’est décidé la nuit se passera là-haut.

Il pleut beaucoup en ce milieu d’après-midi sur les environs du Galibier, aucun sommet ne dépasse de l’épais brouillard juste fendu par de grosses gouttes. La montée, comme souvent chez moi j’ai l’impression, se fera sous l’eau et presque à l’aveugle tant la visibilité est quasi nulle. Les bords du lac sont gorgées d’eau avec les nombreuses pluies estivales, impossible de rester les pieds au sec ou de ne pas s’enfoncer. Ma compagne s’attendait à une soirée humide jusqu’au bout mais mon expérience me fait savoir que ça change très souvent sur le soir en montagne et quelque chose me dit que ça sera encore le cas cette fois-ci.  Après avoir trouvé un endroit dur et sec pour la tente qui ne sera pas chose aisée du tout, que déjà un peu de soleil arrive et fait redescendre très vite l’épaisse brume pour faire apparaitre les beaux sommets qui nous entourent. Le spectacle commence, une par une les montagnes entourant le lac des Cerces se dévoilent et donne à cet endroit son éclat naturel. Impossible évidemment pour quelqu’un qui n’est jamais venu ici et qui est montée dans le brouillard de se douter de la beauté des lieux, que tant de magnifiques montagnes se trouvaient ici autour d’un seul lac. Le soleil se couche tranquillement et les nuages défilent assez vite ce qui me donne confiance pour la fin, il y aura un beau coucher et une belle lumière d’or. Un moment assez particulier pour moi car j’aime partager ces sorties et cette attente de la lumière parfois longue et au-delà de la belle image le faire avec elle, ici, après tant de temps rend cette image un peu spéciale pour moi.

J’espère partager ces lumières éphémères bientôt avec mon fils pour rendre ces choses simples des moments inoubliables…

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Window to the light

Cet article a été écrit par Emmanuel