avr
24

I want to see mountains again Gandalf

L’hiver tarde en cette fin d’année 2013 bien qu’il ait commencé sur les chapeaux de roue début Octobre avec ses premières couches de neige. J’étais motivé à l’idée de traverser les affres de la météo hivernale durant plusieurs mois. Mais rien y fait, nous sommes mi décembre passé, à la veille des vacances de Noël. Aurons nous des fêtes de fin d’année sans neige? : l’angoisse totale!

C’est durant la nuit du 20 au 21 décembre que les flocons commencent à tomber de manière un peu plus sérieuse. Bien que le sol ne soit pas véritablement préparé à recevoir les mètres neiges tant espérés, j’observe petit à petit la vallée en train de blanchir. Je suis tiraillé avec le fait qu’il faille attendre le lendemain matin pour chausser mes raquettes et fouler ce tapis blanc. Je m’endors avec le sentiment que ce sera une journée magnifique pour me réhabituer aux conditions de cette saison si particulière.

Le jour se lève timidement, je prépare mes affaires de randonnée ainsi que mon boitier muni de son inséparable grand angle et d’un téléobjectif dans le cas où je croise par inadvertance quelques espèces animales locales. Le silence que procure l’épaisse couche neigeuse me procure beaucoup de plaisir. Cette atmosphère feutrée est envoutante. Les cimes sont encore prisonnières d’une imposante couche nuageuse. Tout est relativement gris et aucune lumière ne perce pour donner un peu de relief au paysage qui s’offrait à mon regard.

C’est seulement en fin de parcours, quelques heures après mon arrivée dans ce petit coin de paradis situé dans le Parc du Mercantour, que le soleil pointe ses rayons sur ces pentes. Le trépied restera accroché sur le sac à dos. Je me mets à genoux pour gagner en stabilité ainsi qu’en signe de prosternation face à ce spectacle. Ce paysage tant espéré dans mon imaginaire se dessine petit à petit devant moi.
C’est à ce moment précis que je me remémore un passage du Seigneur des Anneaux où Bilbon s’adressant à Gandalf s’exclame:  » I want to see mountains again Gandalf » …

 

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avr
21

Lost in fog

Comme régulièrement lorsque je rentre dans mes Vosges, je donne rendez-vous aux alsaciens de Pixel Nature pour une Rencontre au Sommet. Le Hohneck est un très bon site pour faire une sortie entre potes, presque improvisée.

Ce matin là, alors que le soleil allait se lever, nous nous sommes retrouvés coincés dans une purée de pois indéfinissable. Peu de solutions s’offraient à nous: divaguer dans la brume, sur les crêtes, en espérant que ça s’ouvre, ou partir à la recherche de la belle lumière.
Sur ce coup, grâce à fulgurant éclair de lucidité, bien étonnant à cette heure si matinale, Sébastien a eu une riche idée: « Et si nous descendions vers le col de la Schulcht? En montant, coté alsacien, le ciel était dégagé, ça peut peut être donner quelque chose… ». En effet, le versant alsacien était nettement plus dégagé que le versant vosgien, comme cela arrive très souvent. A mesure que nous redescendions la route, nous perdions espoir d’avoir quelque chose à nous mettre devant le capteur. Comme toute route de montagne, il n’y avait que peu d’espace où il était possible de s’arrêter et où la vue n’était pas bouchée par les arbres. Nous avons finalement trouvé une petite aire de stationnement, avec suffisamment de dégagement pour voir, enfin, le soleil se lever. Entre temps, la brume, elle, a continué à descendre vers la vallée, formant un plafond ouateux sur lequel la lumière est venue rebondir.

Les sapins, finement recouvert de la dernière neige tombée, se sont enflammés progressivement, l’ambiance était fantastique. Mais le point du vue, le long de la route, n’était pas aisé pour réaliser des images. Ici, point de premier plan sexy à mettre dans le 16mm, pas de possibilité de bouger, bloqué par le parapet. Il a fallu composer sans. Mais peu importe, savoir s’adapter est essentiel pour le photographe nature. Et puis, il n’y a rien de mieux que de partager ces instants magiques entre potes!

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avr
17

Alone

Voici une image hivernale assez simple à première vue comme j’en ai fait quelques unes cet hiver et comme nous en avons également vu pas mal ces derniers mois. Pas grand chose à dire dessus si ce n’est que j’affectionne toujours autant ce type d’image minimaliste durant cette saison. Je vais plutôt vous parler de ce qu’il me vient à l’esprit lorsque je revois cette photo. Je ne m’adresse pas vraiment aux photographes aguerris qui me liront mais plutôt aux autres, je vais parler non pas les images que nous faisons lors de nos sortis mais plutôt celles que nous ne faisons pas, que je ne fais pas et qui restent des désirs parfois et des rêves souvent. Si cette photo me rappelle tout ça c’est car c’est peut être la plus grosse désillusion photographique de cet hiver ( comme il y en a eu beaucoup d’autres auparavant ). Les imprévus sont légion, des saisons inexistantes comme l’automne ou l’hiver qui viennent de passer ou le souvenir d’un séjour en Ecosse il y a deux ans où il a plu environ 9 jours et demi sur 10 sur moi ou encore des tempêtes de ciel bleu alors que des nuages s’annonçaient et beaucoup savent que je déteste ça. La chance prend une part énorme dans mes images mais l’imprévu en prend une grande aussi dans celle que je ne fais pas comme lors de cette journée…

Nous sommes le début du mois de Mars dernier et je suis en vacances le temps est assez mauvais en cet hiver très doux et une virée dans les Alpes me tente. La météo est incertaine mais elle s’annonce plutôt clémente ce jour là. Le temps de s’organiser et l’idée de descendre pour la journée dans les Alpes est prise, et oui une seule journée seulement pour diverses raisons personnelles, c’est peu oui mais l’ouverture météo qui s’annonce est une chance. Plusieurs heures de route plus tard moi et deux compères photographes arrivons sur place pour admirer en cette fin de journée ce qui devait être les majestueuses Aiguilles d’Arves qui devaient nous faire face. La météo est encore bonne sur l’internet du portable. Le gros problème c’est que la réalité est tout autre… Du blanc, encore du blanc, le brouillard, un peu de neige même et rien d’autre pour cette fin de journée, pas un bout des montagnes que nous étions venu prendre et donc aucune autre image que cet arbre seul au monde dans ces dunes de neige sur un fond blanc infini pour moi. Il est temps de redescendre sans aucun morceau de roches à se mettre sous l’oeil.

Heureusement la photographie n’est pas que la recherche de l’image coûte que coûte et comme la photo c’est aussi des rencontres et du bon temps partager, une bonne soirée entre amis nous à vite fait oublier cet aléa que nous craignons tous mais qui existe et j’aime à dire que mes plus belles images sont souvent celles que je n’ai pas encore faites.

Alone

avr
14

Festival de l’Oiseau et de la Nature de la Baie de Somme

Prenez date ! Il ne vous reste plus que quelques jours pour réserver votre weekend à l’occasion du 24ème festival de l’Oiseau et de la Nature de la Baie de Somme, du 24 au 27 avril prochain.

Nous aurons alors le plaisir de vous rencontrer ou, pour certains, vous retrouver, sur notre stand, tout au long du festival, qui se déroulera Place Vauban, à Abbeville dans la Somme.

Mais un festival photo, en plus des rencontres, c’est surtout des images, des expositions… C’est donc pour nous l’occasion de vous présenter notre exposition « De l’ombre à la lumière », une exposition qui regroupe des photographies issues de notre recherche perpétuelle de lumières et de contrastes saisissants où graphisme, formes et matières se mêlent à notre vision esthétique. Au travers de cette exposition, vous passerez des sommets alpins aux fjords norvégiens, des tourbières écossaises aux plages islandaises, de la faune martiniquaise à la flore métropolitaine…

Merci de votre soutien, venez nombreux, parlez-en autour de vous et à bientôt !

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avr
10

Imagine Skylights…

Lors de ce dernier voyage en Norvège, je n’étais pas pleinement satisfait des conditions météo.
Un hiver doux, bien trop doux même aura eu raison du taux d’enneigement exceptionnellement bas.
Avec ma compagne, nous ne sommes restés qu’une belle semaine.
Semaine agrémentée de belles rencontres, de belles surprises, de beaux et bons moments que nous regrettons déjà amèrement.

La neige ne fait pas tout, bien qu’elle ait en grande partie fondu, nous avons su profiter de cet aléa pour aller plus loin et profiter du bord de mer.
Le repérage de nouveaux sites n’est pas toujours évident, alors il faut souvent pas mal crapahuter avant de repérer le spot qui fera votre image.
Ce jour-là nous avions pas mal roulé entre nos différents points de chute. La météo de la journée n’augurait pourtant rien de bien.
Mais bon…ici, les surprises sont de mise, le temps change parfois du tout au tout en un claquement de doigts.

C’est ce qui s’est passé ce jour-là.

Le ciel était menaçant et sombre, lorsqu’une trouée fit son apparition.
La lumière allait enfin pouvoir faire son travail.
J’avais repéré un coin pas trop mal, mais je ne savais trop comment m’y rendre. Évoluer sur des rochers dans un environnement glacé et glissant nécessite de mettre obligatoirement une paire de crampons aux pieds…sans ces derniers, vous avez tout intérêt à vous sécuriser, vous et votre matériel.
Le ciel se dégage de plus en plus et commence à prendre des tonalités douces et colorées.
Il est temps de se poser, je me dépêche de monter sur un très gros rocher, si gros que je me demande par quel miracle il s’est retrouvé là…
Le trépied est en place, je m’affaire à monter mon appareil, mes filtres…
Ma compagne est à mes côtés plus bas, elle craint ma chute…
Le spectacle de lumière commence, le ciel s’irise de mille feux.
Nous contemplons ce merveilleux panorama pendant que l’appareil prend ses prises de vue à l’intervallomètre.

Quelques dizaines de photos plus tard, je regarde le dos de mon appareil.
Les photos sont dans la boîte, fidèles à ce que je désirais.
Ma compagne est toujours sur le rocher en contrebas, craignant ma chute…mais moi, je danse sur mon rocher, face au spectacle…heureux….

 

A