juin
4

Raytracing Stones

Il existe des lieux qui m’envoutent, et ce peu importe le nombre de randonnées que leurs consacrerais. Le gros avantage de la photo de paysage, est que les ambiances varient tout d’abord selon le rythme des saisons mais que d’un jour à l’autre tout peut basculer et passer rapidement du ciel bleu azur à l’apocalypse.

Le lac des neufs couleurs (2841m) situé en haute Vallée de l’Ubaye, est entouré des plus hauts monts de la vallée avec d’un côté le Brec du Chambeyrons (3389m) et face à lui l’Aiguille du Chambeyron (3412m). Dès que je suis au pied de cette très belle étendue d’eau, le gigantisme des lieux m’envahit.

C’est en prenant mon temps, en longeant ce magnifique lac que je m’aperçois toute la splendeur des lieux. Un univers très minéral, où le vent vient s’engouffrer au fond du cirque montagneux, dominés par la tête de la Frema (3150m) ou encore le Brec de l’Home (3211m). Les eaux sombres d’un bleu dégradé ne laissent pas entrevoir la profondeur de ce lac avoisinant les 50m.

Durant un court instant, après une belle ascension de quelques heures depuis le village de Fouillouse, le vent se calme, la surface de l’eau devient miroir, laisse apparaitre ces magnifiques monolithes tout droit tirés du roman de 2001 l’Odyssée de l’Espace ainsi que le reflet parfait du magnifique Brec du Chambeyron.

La magie opère, il est temps poser le trépied, apprécier l’instant et … déclencher!

 

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Cet article a été écrit par Fabien

avr
20

Les tufs au fil des saisons

L’hiver est bel et bien derrière nous désormais, le printemps s’installe vite et de nouvelles perspectives photographiques s’ouvre désormais, couleurs et nature reprennent leurs droits et les virées montagnardes approchent à grands pas. Point de hâte mais une envie forte de randonnée mais avant profitons de cette nature en éveil…

Avant tout ceci depuis quelques tant je voulais faire un petit reportage sur un endroit qui me tient à coeur depuis mes débuts dans la photo un peu comme un totem pour moi, même s’il est assez facile de faire de belles images là bas tant les saisons l’habillent et changent son visage très souvent pour mon plus grand plaisir, cet endroit non loin de chez moi est évidemment la cascade des tufs dans le magnifique Jura.

Endroit devenu assez mythique dans la région, beaucoup photographier aussi, ce qui me pousse aussi à y allez moins souvent parfois, mais pour ma part je m’y rend toujours dans des périodes de l’année bien spécifique où généralement je suis assez seul. Le charme n’opère pas toujours et cette cascade est bien souvent banal si rien ne se passe, couleurs, débit, lumière et brume parfois sont primordiaux et si tout va bien les visites pour rien sont rares.

Chaque saison un nouveau tableau et un environnement différent. Il n’y a que l’été ou l’eau et les couleurs font souvent défaut et la lumière forte ne me donne pas envie de m’y rendre tout comme la foule très présente en cette période avec des gens qui viennent par bus parfois pour la voire. Surement le revers de la médaille. L’hiver, le printemps et l’automne me plaisent et chaque saison a son charme.

L’hiver…

Le froid, la glace, la brume, tant d’éléments qui valorisent les ambiances. Un grand froid qui perdure pendant plusieurs jours façonne la cascade à son image, il fige l’endroit et ralentit le temps, endort les lieux….

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Tufs in the mist

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The world of mist

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Monster of ice

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The roots of life

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Winter symphony

Le printemps…

Tout reprend vie autour, les arbres leurs habits, les sons des oiseaux se mêlent au chant de l’eau parfois très fort avec la fonte des neiges et la lumière douce fait son retour. La meilleure période est le début du printemps, elle est courte, au moment où le vert nouveau est presque fluorescent, la nature revit de plus belle.

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At the heart of spring

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New life

L’automne…

La plus belle, une palette de couleurs prend en otage les lieux et si l’eau est au rendez vous c’est une explosion visuelle qui nous attend, magique est le mot qui convient le mieux ici en cette saison mais c’est pareil cette période est courte, le paroxysme de l’automne ne dure que quelques jours tout au plus, ce qui est beau est rare dit-on, un bel exemple ici.

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Dream of the fall

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Between autumn and winter

Cet article a été écrit par Emmanuel

avr
14

Solitude Post-Hivernale

C’est la fin de l’hiver en plaine. La faune et la flore se remettent doucement des derniers frimas.
En altitude, c’est une autre histoire, la neige réside encore de son beau manteau blanc.
Il neige même encore en cette fin mars, mais nous sommes en Suisse, au Creux du Van…et ici, on ne plaisante pas avec le froid.
Je suis arrivé en début d’après midi au début du parcours vers l’auberge du Soliat. Le temps est des plus maussade.
En contrebas dans la vallée, la pluie tombe dru.
Sur les hauts c’est un mélange de grésil et de neige qui viennent perturber l’ambiance mono ton d’un brouillard très épais.
La visibilité ne dépasse pas les 10 mètres…une chose est sûre, il ne sera pas évident d’observer les colonies de bouquetins qui évoluent le long du cirque.
Enfin…comme je le dis à chaque fois…il faut savoir ce contenter de ce que la Nature et la Météo ont à nous offrir.
L’ambiance ne changera pas de la journée, la neige va même tomber plus fort en fin d’après midi.
Il ne faut pas perdre de temps, je décide donc une fois arrivé aux falaises de planter ma tente.
Il y a encore pas mal de neige, il me faudra creuser pour que ma tente soit arrimée au sol.
Afin de ne pas prendre le froid lié à l’humidité ambiante, je m’abrite quelques temps sous abris et je décide d’aller à la rencontre de mes amis acrobates une fois le calme de la météo revenu.
L’épais brouillard m’empêche d’appréhender le terrain, et je n’aurai vu aucune traces de bouquetins…c’est donc sur le graphisme et l’ambiance que je rattraperai le coup.

S
Il y règne ce jour là, une ambiance de désolation, un grand blanc au silence assourdissant.
Quelques âmes sylvestres se détachent du paysage…mais le grand blanc est encore très présent, il règne sur le massif et la Nature à encore du mal à s’en détacher…bientôt les bourgeons reviendront et la saison chlorophyllienne reprendra sa place…dans toute sa splendeur…

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Cet article a été écrit par Benjamin

mar
24

Reflexion Divine

La nuit a été plutôt agitée par cette petite tempête de neige qui me rappelait combien j’étais mieux installés dans mon duvet à l’intérieur de ma tente bien amarrée au sol encore gelé. Des conditions peu propices me suis-je dit pour pratiquer la photographie.

Les heures passent comme des années lorsque l’insomnie se joint à vous. Les extrémités de mes pieds sont gelées : impossible de trouver le sommeil. C’est à cet instant que l’on se pose la fameuse question : « mais qu’est ce que je fais là? ».

Généralement ce type de ressentiment momentanément désagréable laisse souvent place à une grand moment de béatitude intense même s’il est vrai qu’on aurait du mal à y croire à l’instant T. Cependant, au réveil, il fallait avouer que les conditions météos étaient tout simplement divines pour l’oeil du photographe paysagiste.

Le vent en altitude se lève petit à petit laissant place à quelques trainées bleues. Le spectacle se met en place, chacun joue un rôle crucial dans la réalisation de cette photographie. Quelle chance d’avoir frôlé cette petite flaque d’eau où j’ai entre aperçu le reflet du superbe massif montagneux en second plan.

 

Le Galibier dévoilant sa majesté du haut de ses 3228m me rappèle à juste titre combien le massif de nos belles Alpes est si majestueux!

 

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Cet article a été écrit par Fabien

mar
19

Le Survivant

L’histoire de cette image commence à avoir de l’âge. Enfin, avoir de l’âge dans cette société hyperactive, de l’immédiateté et de l’éphémère où tout ce qui a plus d’une semaine est presque périmé.

Cette histoire débute donc un jour de juin 2012. Ca n’est certes pas la meilleure période pour s’y rendre mais nous avions décidé d’aller à Etretat avec Benjamin. Les beaux jours aidant, et comme on s’y attendait, la ville et les plages étaient noires de monde. Mais peu nous importait puisque nous avions dans l’idée de faire, non pas des images des deux célèbres portes, mais de l’aiguille de Belval, vestige survivant des falaises façonnée par l’érosion. Vu son emplacement et les moyens de s’y rendre, nul doute qu’il n’allait pas y avoir foule.

En effet, l’aiguille dresse fièrement ses presque soixante dix mètres à quelques quatre kilomètres d’Etretat. L’unique moyen de s’y rendre, mis à part par bateau (ou en hélicoptère pour les plus riches), est de longer la côte à marée basse. Mais ca n’est pas sans danger. Non seulement les chutes de pierre sont nombreuses, mais, à marée haute, la mer vient jusqu’au pied des falaises. Il faut donc parfaitement calculer son coup si on ne veut pas être pris au piège.

Nous avons donc pris toute la journée pour bien étudier la marée et calculer le timing parfait pour prendre le chemin et pour repartir de l’aiguille afin de garantir notre sécurité à tous les deux.

Bien évidemment, une fois sur place, nous avons pris notre temps et quelque peu dépassé notre heure limite. De coup, je ne vous raconte pas le pas pressant que nous avons eu sur le retour! Heureusement, le titre de cette image n’a pas eu à s’appliquer à l’un d’entre nous!

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Cet article a été écrit par Alexis