avr
17

Alone

Voici une image hivernale assez simple à première vue comme j’en ai fait quelques unes cet hiver et comme nous en avons également vu pas mal ces derniers mois. Pas grand chose à dire dessus si ce n’est que j’affectionne toujours autant ce type d’image minimaliste durant cette saison. Je vais plutôt vous parler de ce qu’il me vient à l’esprit lorsque je revois cette photo. Je ne m’adresse pas vraiment aux photographes aguerris qui me liront mais plutôt aux autres, je vais parler non pas les images que nous faisons lors de nos sortis mais plutôt celles que nous ne faisons pas, que je ne fais pas et qui restent des désirs parfois et des rêves souvent. Si cette photo me rappelle tout ça c’est car c’est peut être la plus grosse désillusion photographique de cet hiver ( comme il y en a eu beaucoup d’autres auparavant ). Les imprévus sont légion, des saisons inexistantes comme l’automne ou l’hiver qui viennent de passer ou le souvenir d’un séjour en Ecosse il y a deux ans où il a plu environ 9 jours et demi sur 10 sur moi ou encore des tempêtes de ciel bleu alors que des nuages s’annonçaient et beaucoup savent que je déteste ça. La chance prend une part énorme dans mes images mais l’imprévu en prend une grande aussi dans celle que je ne fais pas comme lors de cette journée…

Nous sommes le début du mois de Mars dernier et je suis en vacances le temps est assez mauvais en cet hiver très doux et une virée dans les Alpes me tente. La météo est incertaine mais elle s’annonce plutôt clémente ce jour là. Le temps de s’organiser et l’idée de descendre pour la journée dans les Alpes est prise, et oui une seule journée seulement pour diverses raisons personnelles, c’est peu oui mais l’ouverture météo qui s’annonce est une chance. Plusieurs heures de route plus tard moi et deux compères photographes arrivons sur place pour admirer en cette fin de journée ce qui devait être les majestueuses Aiguilles d’Arves qui devaient nous faire face. La météo est encore bonne sur l’internet du portable. Le gros problème c’est que la réalité est tout autre… Du blanc, encore du blanc, le brouillard, un peu de neige même et rien d’autre pour cette fin de journée, pas un bout des montagnes que nous étions venu prendre et donc aucune autre image que cet arbre seul au monde dans ces dunes de neige sur un fond blanc infini pour moi. Il est temps de redescendre sans aucun morceau de roches à se mettre sous l’oeil.

Heureusement la photographie n’est pas que la recherche de l’image coûte que coûte et comme la photo c’est aussi des rencontres et du bon temps partager, une bonne soirée entre amis nous à vite fait oublier cet aléa que nous craignons tous mais qui existe et j’aime à dire que mes plus belles images sont souvent celles que je n’ai pas encore faites.

Alone

avr
14

Festival de l’Oiseau et de la Nature de la Baie de Somme

Prenez date ! Il ne vous reste plus que quelques jours pour réserver votre weekend à l’occasion du 24ème festival de l’Oiseau et de la Nature de la Baie de Somme, du 24 au 27 avril prochain.

Nous aurons alors le plaisir de vous rencontrer ou, pour certains, vous retrouver, sur notre stand, tout au long du festival, qui se déroulera Place Vauban, à Abbeville dans la Somme.

Mais un festival photo, en plus des rencontres, c’est surtout des images, des expositions… C’est donc pour nous l’occasion de vous présenter notre exposition « De l’ombre à la lumière », une exposition qui regroupe des photographies issues de notre recherche perpétuelle de lumières et de contrastes saisissants où graphisme, formes et matières se mêlent à notre vision esthétique. Au travers de cette exposition, vous passerez des sommets alpins aux fjords norvégiens, des tourbières écossaises aux plages islandaises, de la faune martiniquaise à la flore métropolitaine…

Merci de votre soutien, venez nombreux, parlez-en autour de vous et à bientôt !

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avr
10

Imagine Skylights…

Lors de ce dernier voyage en Norvège, je n’étais pas pleinement satisfait des conditions météo.
Un hiver doux, bien trop doux même aura eu raison du taux d’enneigement exceptionnellement bas.
Avec ma compagne, nous ne sommes restés qu’une belle semaine.
Semaine agrémentée de belles rencontres, de belles surprises, de beaux et bons moments que nous regrettons déjà amèrement.

La neige ne fait pas tout, bien qu’elle ait en grande partie fondu, nous avons su profiter de cet aléa pour aller plus loin et profiter du bord de mer.
Le repérage de nouveaux sites n’est pas toujours évident, alors il faut souvent pas mal crapahuter avant de repérer le spot qui fera votre image.
Ce jour-là nous avions pas mal roulé entre nos différents points de chute. La météo de la journée n’augurait pourtant rien de bien.
Mais bon…ici, les surprises sont de mise, le temps change parfois du tout au tout en un claquement de doigts.

C’est ce qui s’est passé ce jour-là.

Le ciel était menaçant et sombre, lorsqu’une trouée fit son apparition.
La lumière allait enfin pouvoir faire son travail.
J’avais repéré un coin pas trop mal, mais je ne savais trop comment m’y rendre. Évoluer sur des rochers dans un environnement glacé et glissant nécessite de mettre obligatoirement une paire de crampons aux pieds…sans ces derniers, vous avez tout intérêt à vous sécuriser, vous et votre matériel.
Le ciel se dégage de plus en plus et commence à prendre des tonalités douces et colorées.
Il est temps de se poser, je me dépêche de monter sur un très gros rocher, si gros que je me demande par quel miracle il s’est retrouvé là…
Le trépied est en place, je m’affaire à monter mon appareil, mes filtres…
Ma compagne est à mes côtés plus bas, elle craint ma chute…
Le spectacle de lumière commence, le ciel s’irise de mille feux.
Nous contemplons ce merveilleux panorama pendant que l’appareil prend ses prises de vue à l’intervallomètre.

Quelques dizaines de photos plus tard, je regarde le dos de mon appareil.
Les photos sont dans la boîte, fidèles à ce que je désirais.
Ma compagne est toujours sur le rocher en contrebas, craignant ma chute…mais moi, je danse sur mon rocher, face au spectacle…heureux….

 

A

 

avr
7

Winter Lines

Nous sommes en Novembre 2013, ce sera le troisième jour de randonnée consécutif en Ubaye et je dois avouer que je suis au sommet de ma forme physique. Evoluer en montagne avec aisance a toujours été une de mes prérogatives afin de mieux apprécier ce qui m’anime plus que tout au monde : le paysage et chaque détail qui pourrait m’échapper si j’étais plus concentré sur mon propre souffle et sur cette petite voix qui résonne parfois en chacun de nous : « quand est-ce qu’on arrive au sommet? ».

Il a neigé abondamment la veille ainsi que dans la nuit à partir de 1600m d’altitude. Je n’aurais jamais cru chausser mes raquettes aussi tôt en cette si courte saison automnale. J’ai d’autant plus de chance que ce matin là,  je suis accompagné de mes guides et professeurs émérites en montagne : Jean Denis et Kathy me proposant de m’emmener sur les hauteurs de Barcelonnette en direction du lac de l’Aupillon. Nous démarrons notre périple à partir de 1600m vers une destination que je découvre après plus d’une vingtaine d’années passées dans la vallée.

Les conditions sont idéales pour la randonnée à proprement parler mais inadéquates je dois avouer pour tenter de tirer un cliché sachant que nous sommes assaillis par ce que nous appelons dans notre jargon une véritable tempête de ciel bleu. Je relativise très rapidement car l’excitation de découvrir un nouvel itinéraire avec un lac à la clé me rempli de joie. Cela me rappelle qu’avant tout la photographie est, en ce qui me concerne, un prétexte pour m’oxygéner les poumons et l’esprit!

Le lac de l’Aupillon est accessible mais bien entendu caché sous une épaisse couche de neige. Dommage car j’aurais tant voulu assister à sa première transition automne-hiver : un prétexte supplémentaire pour réitérer l’aventure en 2014! Nous avons quitté de puis plus de 3h l’itinéraire affiché sur ma carte IGN. C’est aussi une merveilleuse façon d’appréhender la montagne différemment en se créant son propre itinéraire en tentant d’éprouver les même sensations lorsque nous chaussons nos skis de randonnée.

Pour achever cette journée nous entamons l’ascension du Rocher des Cailles situé à 2817m tout en précisant qu’au compteur de mon boitier photo seulement 3 ou 4 photos prises un peu plus bas alors que le vent faisait défiler la neige à mes pieds. Arrivés au sommet, nous découvrons de magnifiques congères en cours de formation. Le ciel bleu azure à mes yeux met véritablement en valeur ces sculptures éphémères. Nul besoin de sortir les filtres et autres artifices afin de renforcer la noirceur du ciel ou tout autre détail du premier plan. Le tout me semble entrer en harmonie, je n’ai plus qu’à poser le trépied, soigner ma composition et déclencher.

En dehors de ma découverte tardive de cette magnifique randonnée, j’ai aussi appris que les ciels ténébreux que nous convoitons tous, « nous » les paysagistes n’étaient véritablement pas une fin en soi. Le fait aussi de sortir des sentiers battus permet d’appréhender la photographie différemment car nos regards changent du tout au tout.

 

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avr
3

Blue sky storm

En ce début du mois de mars, la température était incroyablement douce. Le beau temps avait été annoncé pour le week-end et cela faisait un moment que cela n’était pas arrivé. Il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour trisser sur la côte, d’une part pour m’aérer l’esprit et, d’autre part, pour réaliser quelques clichés.

L’avantage de ce genre de journée, quand on est photographe de paysages, c’est que cela laisse du temps pour flâner, pour repérer, pour passer du temps avec les amis en attendant le coucher du soleil. Ce samedi, en l’occurrence, je l’ai passé en compagnie de Nanou et Stéphane Roher. Outre leur découverte de la ville d’Etretat et de ses célèbres falaises, nous avons conversé autour de la technique des poses longues, discussion qui a d’ailleurs mené à l’écriture de mon précédent article.

Pendant notre phase touristes, alors que nous montions le chemin qui allait nous conduire au sommet de la falaise d’aval, j’ai remarqué que la mer était tout juste en train de recouvrir une zone fort intéressante, composée essentiellement de grosses masses continues de calcaire d’un blanc pur qui, combinée avec un cadrage de la falaise pourrait donner potentiellement quelque chose de bien. Un rapide calcul, en fonction de l’heure actuelle et l’heure de la marée haute, m’a permis de déterminer à quelle heure cette zone allait être de nouveau découverte à marée descendante. Par chance, cela allait coïncider avec l’heure du coucher de soleil!

C’est donc vers 19h ce jour que j’ai installé mon trépied sur cette zone. Et au fur et à mesure que la mer suivait le soleil dans sa fuite en avant, j’ai du me déplacer progressivement pour finalement me retrouver les pieds sur cette autre matière, finalement presque plus photogénique que le calcaire seul.

Encore fallait-il choisir la bonne vitesse et le bon moment pour déclencher: vitesse trop rapide et le mouvement de l’eau au milieu des surfaces émergentes serait trop figé. Trop lente et le mouvement serait dissous. Déclenchement trop précoce et l’eau n’aurait pas le temps de parcourir le chemin voulu. Trop tard et elle serait déjà loin. Il m’aura fallu trois ou quatre essais avant d’obtenir le bon couple de paramètres. Ici encore, la question essentielle était « Que pourrait apporter une pose longue à ma photo? » Et c’est en fonction de la réponse à cette question d’ordre esthétique que le choix technique s’est imposé. Et non l’inverse!

 

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